Bienvenue sur bertrandbarre.com ! Note d’actualité de mars 2010 :

Quel réchauffement ?

Le Groupe Intergouvernemental d’Etude des Climats, le GIEC, a reconnu avoir laissé passer des coquilles dans son dernier rapport : les "climatosceptiques" en font des gorges chaudes et une grande partie de la presse leur offre une tribune complaisante. Au-delà de l’agitation médiatique, que disent ceux qui ne croient pas à la responsabilité des hommes dans le réchauffement climatique global ? Je réponds ici à deux arguments très répandus :

1. "Durant toute l’ère quaternaire, le climat terrestre a varié considérablement, alternant âges glaciaires et périodes tempérées, et nous n’étions pas là pour causer ces changements."

Exact, mais on connait la cause de ces changements passés, déclenchés par des variations périodiques de plusieurs paramètres de l’orbite terrestre, variations qui ont modifié l’ensoleillement de l’hémisphère nord de notre planète, où sont rassemblées la plupart des terres émergées. Une fois déclenché, le réchauffement ou le refroidissement s’est poursuivi jusqu’au bout sous l’effet de "rétroactions positives" (par exemple, les terres déglacées absorbent plus d’énergie solaire que la glace, qui en réfléchit une grande partie). C’est parce qu’on comprend ces mécanismes naturels que l’on peut dire que le réchauffement actuel n’est pas de même nature.

2. "Au cours du dernier millénaire, il s’est produit aussi de grandes variations : optimum climatique du moyen âge, petit âge glaciaire du XVIIIè siècle, etc. Le tout, sans rapport avec l’effet de serre."

Ces variations ont effectivement affecté l’Europe, probablement pas toute la planète, mais la question n’est pas là. Le réchauffement que l’on attribue à la modification de l’effet de serre par suite des activités humaines est beaucoup plus récent, et il est surtout encore à venir…

Dans mon enfance, avant 1950, nous écoutions la "TSF" à table en famille, dans un gros poste à lampes qu’il fallait bousculer de temps en temps pour atténuer les parasites. Je me souviens notamment d’une émission à succès qui s’intitulait fièrement "40 millions de Français". Le transistor n’était pas découvert, la télévision en noir et blanc était encore une curiosité hors de prix et la voiture, un grand luxe. Nous sommes aujourd’hui 64 millions de Français avec, presque tous, télévision, voiture, téléphone portable, machine à laver, etc. A l’école, j’apprenais que l’empire des Indes comptait 400 millions d’habitants : Inde, Pakistan et Bangladesh totalisent aujourd’hui plus du triple et leur mode de vie change très vite – heureusement. Pourquoi ce petit accès de nostalgie ? Pour illustrer l’enchaînement suivant :
Si les émissions humaines de gaz à effet de serre ont commencé à augmenter dès le début de l’ère industrielle, ce n’est que depuis 1950 qu’elles se sont multipliées, sous les effets combinés de la croissance démographique, de la croissance économique et, désormais, de la mondialisation. Ce n’est que depuis les années 70 que la modification de la composition de l’atmosphère est devenue sensible, et ce n’est que depuis les années 90 que le réchauffement induit est devenu indubitable.

Le Groenland était-il vert du temps d’Eric le Rouge(1) ? Je ne sais pas. Mais je sais que la température moyenne de la surface terrestre a augmenté dans la deuxième moitié du XXè siècle : augmentation modeste, mais à un rythme qui n’a rien de géologique. Et c’est bien le réchauffement à venir qui est en question. Une question préoccupante…

 

(1) Le viking Eric le Rouge est celui qui a baptisé "Terre Verte", Groenland, la grande île qu’il avait découverte, du temps de l’optimum médiéval déjà mentionné. Certains historiens pensent qu’il a exagéré le caractère tempéré – tout relatif - pour inciter ses compatriotes à partir coloniser cette île…