Et si vous n’hésitiez plus entre ça fait parti ou partie ?

La confusion entre « ça fait parti » et « ça fait partie » figure parmi les erreurs les plus fréquentes en français écrit. Elle se glisse dans les courriels professionnels, les copies d’examen et les publications sur les réseaux sociaux avec une régularité qui interpelle. L’explication tient en une phrase : on écrit toujours « faire partie » avec un -e final.

Le reste de cet article explore pourquoi cette faute persiste, ce que la grammaire impose réellement et ce que l’Éducation nationale a récemment changé sur le sujet.

Pourquoi « parti » sans -e semble logique (à tort)

Le mot « parti » existe bel et bien en français. C’est un nom masculin : un parti politique, prendre un parti, tirer parti d’une situation. Il s’emploie aussi comme participe passé du verbe « partir » (il est parti). L’oreille ne fait aucune différence entre « parti » et « partie » à l’oral, ce qui crée un terrain propice à l’erreur.

La confusion s’installe parce que le cerveau associe « faire » + « parti » par analogie avec « il a fait » + « parti ». En réalité, dans l’expression « faire partie », le mot « partie » est un nom féminin qui désigne un élément d’un tout, une portion, un fragment. On fait partie d’un groupe comme on constitue une partie de ce groupe.

Le piège grammatical repose sur une homophonie parfaite. Aucun indice phonétique ne distingue les deux formes. Seule l’analyse du sens permet de trancher : quand on parle d’appartenance, le nom féminin « partie » s’impose systématiquement.

Homme perplexe devant son ordinateur portable dans un café, cherchant la bonne orthographe d'une expression française

Orthographe de « faire partie » : la règle grammaticale précise

L’expression « faire partie de » fonctionne comme une locution verbale figée. Le verbe « faire » est suivi du nom féminin « partie », qui ne varie jamais dans ce contexte. On écrit donc :

  • Elle fait partie de l’équipe (et non « elle fait parti de l’équipe »)
  • Ces documents font partie du dossier (le nom « partie » reste invariable dans la locution)
  • Ça fait partie des règles à connaître en français

Cette locution ne se conjugue pas au féminin ou au masculin selon le sujet. Que le sujet soit « il », « elle » ou « nous », on écrit « partie » avec un -e. Le mot « partie » n’est pas ici un participe passé qui s’accorderait, c’est un nom commun féminin intégré dans une expression figée.

Distinguer « parti » et « partie » selon le contexte

La difficulté vient du fait que « parti » et « partie » coexistent dans des phrases très proches. Un moyen simple de vérifier consiste à remplacer mentalement le mot par un synonyme féminin. Si « une portion » ou « un élément » fonctionne, alors c’est « partie » qu’il faut écrire.

Quand « parti » sans -e est correct, il s’agit toujours d’un autre sens :

  • Un parti politique (organisation, mouvement)
  • Prendre parti (choisir un camp, se positionner)
  • Tirer parti de quelque chose (exploiter, utiliser)
  • Il est parti (participe passé de « partir », masculin singulier)

L’expression « faire partie » n’admet jamais la forme sans -e. Aucune exception, aucun cas particulier.

Sanctions renforcées aux examens : le contexte réglementaire récent

Cette confusion orthographique a pris une dimension nouvelle depuis que l’Éducation nationale a durci sa politique de sanction des fautes dans les examens nationaux. Depuis la période 2024-2026, les fautes d’orthographe sont strictement sanctionnées au baccalauréat et au brevet, quel que soit le type de copie (filière générale ou technologique).

Les confusions de type « parti/partie » ou « fait/fais » ne sont plus considérées comme des erreurs mineures. Elles entraînent une pénalisation directe dans la note de français. Pour un candidat qui hésite, maîtriser cette distinction représente donc un enjeu concret de points.

Les rectifications orthographiques de 1990 toujours en vigueur

En parallèle, le ministère de l’Éducation nationale a réaffirmé en 2026 que l’enseignement de l’orthographe doit se référer aux rectifications orthographiques publiées au Journal officiel du 6 décembre 1990. Ces rectifications touchent certains accents, traits d’union et pluriels, mais elles ne modifient en rien la règle sur « faire partie ». L’expression reste invariablement écrite avec un -e final, quelles que soient les évolutions normatives.

Jeune femme consultant un livre de grammaire française dans une bibliothèque universitaire pour vérifier l'orthographe de 'fait partie'

Écrire « ça fait partie » sans hésiter : le réflexe à acquérir

La méthode la plus fiable pour ne plus douter consiste à associer systématiquement « faire partie » au concept d’appartenance. Dès qu’une phrase exprime l’idée qu’un élément appartient à un ensemble, le -e s’impose. « Ça fait partie du jeu », « elle fait partie des candidates retenues », « ce risque fait partie du métier » : dans chaque cas, on parle d’inclusion dans un groupe.

À l’inverse, dès que le mot « parti » apparaît seul (sans « faire » devant), il faut vérifier son sens. S’il désigne une organisation, un choix ou le fait d’être parti quelque part, alors pas de -e.

Le test de substitution reste le plus rapide : remplacez « parti(e) » par « portion ». Si la phrase garde son sens, écrivez « partie ». Si elle devient absurde, vous êtes probablement face à « parti » masculin ou au participe passé de « partir ».

L’erreur « ça fait parti » figure parmi celles que les correcteurs automatiques détectent mal, notamment quand le mot est isolé dans une phrase courte. Relire en se posant la question du sens – appartenance ou non – prend trois secondes et évite une faute que les recruteurs, enseignants et lecteurs repèrent immédiatement.